Réveil avec Fuji

On se réveille sur le parking vers 6h, nuageux et brumeux, crotte. Pas de Fuji aujourd’hui? C’est à priori plutôt rare de le voir bien dégagé sans nuages, me dit Masha.

On se lève et on se balade à Oishi Park, bord du lac aménagé très joli. Quelques personnes prennent des photos, on commence à distinguer une grosse montagne… Masha continue de prendre en photo toutes les plantes, et le panneau qui présente toutes les plantes.

On commence aussi à voir les momijis, les couleurs de l’automne. On est passé par un endroit la veille où il y avait un monde fou, peut-être qu’on ira plus tard.

Ça y est ça se dégage, c’est incroyable, posé là, Fujiyama!

Festival de photos, de touristes aussi, puisque les bus de chinois et de touristes arrivent et emplissent le lieu. Pas très agréable, mais on est content d’avoir pu en profiter au petit matin.

Surtout que comme d’hab, ils restent tous au même endroit et 100m plus loin c’est calme…

On se pose à l’arrière du van boire un thé, on refait un petit tour, puis on s’en va, un peu excedés et émerveillés.

J’aimerais bien voir Fuji posé depuis un petit café tout chou sans personne, ce serait trop agréable. Allons voir ce « Maple Corridor », ou couloir des érables…

Fuji & Momijis

On arrive un peu plus loin toujours à Fujikawaguchiko, où en fait ça semble être le festival des momijis.

On cherche un parking, encore 1’000 yen (6 CHF), mais pour rester 1h ou 2, fuck… Comme par magie, on discute, ou plutôt on baragouine avec le mec qui fait la circule sur le parking qui nous dit qu’il y a un free parking plus loin, mais qui est sûrement plein, bon ok, on va voir.

On est loin des parkings mexicains où les mecs qui gardent le parking dépouillent les touristes. On continue un peu plus loin au travers de minuscules routes. Il semble y avoir des petites rizières, c’est choli. Comme par magie, on arrive sur la parking et on nous dit de se garer, bon ok, mais en fait… c’est la dernière place, quelle chance!

On sort donc se balader pour ce festival où il semble y avoir du monde.

On s’arrête dans un minuscule café sur le chemin, où on est servis par un couple de japonais adorables, où le café et les cakes sont très bons, et la vue sur Fuji est incroyable, avec ce ciel dégagé. Quelle chance! (bis). En plus passe une petite musique adorable à la Miyazaki, on est à 2 doigts de pleurer, le moment est trop beau, c’est à tomber. En plus j’en rêvais plus tôt. On prend des photos puis on contemple le moment, c’est parfait. Même en l’écrivant en y repensant, j’ai presque les larmes aux yeux, c’était magique.

Quelques japonais viennent aussi profiter de l’endroit paisiblement, puis 2 chinoises, pressées, qui parlent fort… Les relous purée! Mais c’est pas grave. On s’en va des étoiles dans les yeux. On va ensuite voir ce festival et ce corridor, où les couleurs sont vraiment fabuleuses avec ce temps. Il y a un peu de monde mais on s’en accomode. C’est juste trop beau.

À revoir les photos je n’arrive pas à croire qu’on a vu tout ça. On mange depuis les roulottes du festival, posés au bord du lac. Masha prend un sandwich cubain, d’un… cubain très cubain ; il vit depuis 17 ans au Japon, on discute un peu en espagnol, c’est rigolo.

On repart ensuite, petite photo d’un rizière (pourtant c’est pas la saison). J’aimerais voir la pagode de Chureito qui semble submergée de touristes, et le village d’Oshino, idem… On va voir ce que ça donne!

Fujiyoshida

J’avais noté une torii en montagne avec la vue sur Fuji, on tente d’y aller mais on s’arrête à un temple shinto trop beau, au milieu de cèdres géants. Merveille. Encore un goshuin (sceau), puis on va voir Oshino.

Trop de monde là bas, c’est pas très agréable et trop sur-côté. On mange quand même un snack: un gateau avec un marron pour Masha, un gros dango (boules de pâte de riz) au miel et amandes, pas mal!

On repart pour voir la pagode de Chureito, qui sera sûrement blindée, mais pas grave. Encore un goshuin, on monte tout en haut et on observe les touristes fous prendre la même photo prise partout sur internet. Tout le monde passe par dessus une corde qui demande de ne pas passer. On trouve ça odieux. Quel manque de respect. Peut-être est-on devenu trop suisses. L’aurais-je fait si j’avais été seul?

On décide de monter encore, il y a un chemin pour un trail, mais il n’y a personne là bas, et la vue sur Fuji san est magnifique. Parfait! personne ne monte ici??? Trop bizarre.

On contemple encore, rincés de notre longue journée – loin d’être finie.

On regarde les panneaux pour les ours en redescendant pour tenter une photo de touriste. Je rigole en prenant Masha en photo qui photographie à côté des pros. On est bien cuits, on fait quand même un tour dans le village avant de partir, pour trouver un magnet Fuji, mais tout est fermé, bizarre.

On repart pour 1h de route, on a un onsen en vue pour finir la journée en beauté.

Onsen de nuit, avec vue

L’arrivée au onsen (source chaude donc) est un poil hardue, tout en haut de la montagne, mais ça va. Le lieu est vieux et chouette.

On prend notre ticket tant bien que mal sur un énième distributeur, la dame de l’accueil nous aide. On profite des sources pendant 1h chacun de notre côté (pas de photo dedans, ça se comprend, tout le monde est nu).

Les bains sont extérieurs, ça nous fait du bien de se laver après 2 jours à visiter le coin.

3 bassins, 2 à différentes températures et un rotenburo avec des pierres, très nature. Vue sur les étoiles et sur la pleine lune (et normalement Fuji, de jour)… c’est fou de vivre ça, et de vivre comme ça!

C’est aussi chouette d’y voir toutes les tranches d’âge sur le même pied d’égalité, sans pudeur. Des amis, des parents avec leurs jeunes enfants, des vieux… Cette culture est fascinante, on pourrait en apprendre un peu plus.

On s’y sent bien, mais on voit pas ça pourrait s’appliquer chez nous. Ca fait partie d’un tout, tant dans la culture du respect de l’autre que dans le respect de son individualité.

On semble pouvoir faire ce qu’on veut tant qu’on ne dérange pas les autres, quel civisme.

Dodo avec vue

Après le onsen, on reprend la route car l’endroit ferme à 22h – on n’y dormira pas sur le parking avec la vue sur Fuji, snif -, pour trouver une petite aire de repos près d’un parc où quelques ados s’amusent sur les collines.

Posés sur un banc avec vue sur la vallée, on mange 2 onigiris avec une bière avant d’aller se coucher où on s’endort en 30 secondes.

Je ne sais pas à qui dire merci, alors je remercie le ciel, nous-mêmes, et les esprits priés aux temples Shintos de nous avoir offert des moments pareils.

Quelle journée magique!